Monétarisation des offres par un bonus ou un malus

Pour déterminer l’offre économiquement la plus avantageuse, la plupart des pouvoirs adjudicateurs ont recours à une note globale impliquant non seulement la notation des critères qualitatifs ou physiques mais également la notation des prix.
Toutes ces méthodes sont décrites dans notre ouvrage.
Une autre méthode, que nous avons également décrite dans notre ouvrage au chapitre 3.3 pages 213 à 220 consiste à monétariser la valeur technique et donc à obtenir pour chaque offre une valeur en euros tenant compte de la valeur technique.
Le principe est, comme dans l’adjudication pure et dure, de retenir le moins disant mais le prix du moins disant incorpore, dans ce cas, en fait un facteur qualité.
Ces réflexions nous sont venues à propos d’un commentaire que nous avons envoyé au Moniteur des Travaux Publics qui a été aimablement publié dans leur numéro n° 5400 du 25 mai 2007 page 12.
Sur la même page figurait une remarque très fondée de M.Cambournac, ancien président de la commission des marchés de la FNTP, dont le développement complet se trouve sur le site du Moniteur à la rubrique « points de vue » et qui est joint au présent blog.
Dans ce point de vue, l’auteur rappelle que « la méthode consistant, pour classer les offres, à réévaluer leur prix (ou leur coût) en lui appliquant un rabais fictif d’autant plus fort que leur qualité est meilleure, a le mérite d’être concrète ; elle revient finalement à identifier le véritable moins-disant après prise en compte de la qualité telle qu’elle est appréciée par l’acheteur. »
Le même point de vue était disponible dans une note de méthode de la FFB de 2004.
Le procédé est le suivant :
- On commence par noter la valeur technique des différentes offres d’où on tire un « coefficient qualité » ;
- On calcule le bonus (ou rabais fictif) par application du coefficient qualité au prix de l’offre ;
- On minore le prix de l’offre de ce bonus ;
- On retient l’offre bonifiée la moins élevée en euros.

L’offre bonifiée la moins élevée n’est évidemment pas toujours l’offre qui était la moins disante, puisque l’offre à l’origine la moins disante peut très bien n’avoir aucun bonus qualité ou un très faible bonus.

Une autre méthode appliquée par certaines plates formes de dématérialisation, consiste à calculer des malus ; le prix de l’offre jugée techniquement la meilleure est inchangé ; le prix des autres offres est affecté d’un malus proportionnel à l’écart de qualité entre cette offre et l’offre techniquement la meilleure ; le malus augmente le prix de l’offre considérée (sauf la meilleure techniquement) ; comme précédemment on retient le prix pondéré le moins élevé.

La monétarisation est un procédé intéressant puisqu’il permet de s’affranchir de la difficulté de transformer les prix en notes et permet au décideur de choisir le moins disant « pondéré ».
C’est un procédé effectivement bien adapté aux marchés de travaux et de fournitures courantes où le critère dominant-mais non exclusif- reste le prix. Son emploi est peut être plus délicat pour des prestations intellectuelles ou de maîtrise d’œuvre.

Le guide de la FFB

Article du 250507 du Moniteur – Cambournac

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