Produits équitables, grande distribution et acheteurs publics

A l’occasion de la quinzaine du développement durable (du 9 au 24 mai 2009), a été organisée à la Mairie du 4° arrondissement à Paris le lundi 11 mai par le groupe SOS (http://www.groupe-sos.org) un débat sur le thème des «nouveaux enjeux de distribution des produits issus du commerce équitable».
Parallèlement, mais ce n’est pas un hasard, le journal «Aujourd’hui en France » publiait le lundi 11 mai une enquête intitulée «le commerce équitable joue-t-il franc jeu» ?

Les termes du débat sont les suivants :
− les produits équitables doivent-ils être distribués uniquement dans des circuits spécialisés, équitables eux aussi ou peuvent-ils être distribués dans la grande distribution pour toucher un maximum de consommateurs ?
− dans ces circuits de grande distribution, on trouve des marques équitables honorablement connues «ALTERECO» et «ETHIQUABLE» mais aussi des marques de distributeurs (MDD) qui ne présentent pas forcément les mêmes garanties équitables tout en étant moins chers ; lesquelles choisir ?

Dans notre blog du 25 avril 2008 nous soulignions les paradoxes des produits équitables au regard de l’achat public : d’une certaine manière, plus ils sont chers, plus, si certaines conditions de transparence sont réunies, on a l’assurance que le producteur sera aidé.
Mais dans un achat au mieux disant, si on veut retenir un produit «cher» il faut soit valoriser très fort le critère qualitatif de l’«équité» soit imposer des spécifications techniques (labels, certifications) telles que seuls restent en course des produits respectant des exigences comparables.

Pour revenir au débat, sur le premier point on a pu noter des partis pris radicalement différents :
− l’entreprise «ETHIQUABLE» qui commercialise essentiellement des produits alimentaires tels que café, thés, jus de fruit, chocolat…a délibérément voulu être distribuée en grandes surfaces en essayant d’imposer des marges réduites à la grande surface (25%) ;
− d’autres acteurs comme les «artisans du monde» ou «ALTERMUNDI», qui distribuent plutôt des produits artisanaux de décoration, d’habillement ou de mode, ont opté pour une distribution propre.

Sur la question des produits de marques de distributeurs, le consommateur, et donc l’acheteur public, doit se montrer vigilant sur la certification :
− l’une des certifications les plus connues et l’une des plus exigeantes est la certification «Max Havelaar» qui est décernée sous l’égide de l’organisation FLO (fair labelling organisation) ; le label Max Havelaar est décerné si les conditions suivantes sont réunies :
o achat au producteur à un prix garanti,
o versement d’une prime de développement au producteur permettant de financer des projets
o préfinancement des récoltes (si les banques suivent..)
o travail avec des producteurs et non avec des importateurs
− certaines marques de distributeurs sont labellisées « UTZ » (label hollandais) qui, certes, exige que les conditions de travail soient conformes aux normes OIT et paie un peu plus que le cours mondial mais n’est pas aussi porteuse de déveeloppement que le label Max Havelaar .

Outre l’exigence du label Max Havelaar (ou aussi exigeant), l’acheteur public pourrait demander la décomposition du prix d’un produit -paquet de café par exemple- et la part qui revient au producteur : celle ci est de 10% au plus dans un produit traditionnel alors qu’elle est d’au moins 20% dans un produit issu du commerce équitable.

Une réponse à “Produits équitables, grande distribution et acheteurs publics”

  1. le seul dit :

    je vend tous

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