Un des contributeurs à ce blog nous propose les méthodes de notation suivantes en usage notamment à la SEMTCAR (Rennes) et à la communauté d’Agglomération Portes de France – Thionville.
La formule de calcul est la suivante :
Note financière = Note maxi * (Prix moyen)/ (Prix moyen + Prix Offre)
Cette formule présente l’avantage de « lisser » les notes financières au regard des notes techniques, et donc de mettre en avant la valeur technique d’une offre, elle permet une graduation de la note prix respectueuse des principes de base de l’analyse multicritères.
Elle respecte les éléments suivants :
- note la plus élevée pour le prix minimum
- note la plus basse pour le prix maximum
- notes différentes pour deux prix différents
- note moyenne pour le prix moyen
DES AMELIORATIONS
Pour permettre d’augmenter les écarts de note entre les offres financières, tout en continuant à les apprécier par rapport au prix moyen une autre formule est proposée :
Note financière = note maxi * (Prix moyen) puissance n /[(Prix moyen) puissance n + (Prix Offre) puissance n]
Avant de retenir cette solution, avec n=4, la Communauté d’Agglomération Portes de France – Thionville, l’a testée sur des marchés déjà lancés qui comprenaient la formule initiale. Il a été noté que les offres financières prenaient une plus grande valeur dans la pondération entre la note technique et la note financière.
Cette formule permet une plus grande prise en compte des écarts entre les offres. Enfin on peut rester sur un centrage des notes sur la note moyenne ou estimer que l’offre moyenne représentative de l’état de la confrontation de l’offre et la demande mérite plus que la note moyenne ce qui amène une autre proposition.
La SEMTCAR, agissant en tant que mandataire de Rennes Métropole, a proposé pour la construction du métro une formule voisine qui recale cette courbe sur une note moyenne pour un dépassement de 20% du prix moyen soit :
Prix moyen
Note financière = note maxi * (Prix moyen) puissance n / [(Prix moyen) puissance n + (Prix Offre - 0,20 * Prix moyen) puissance n]
avec n = 4 en Travaux, services courants et fournitures courantes,
n= 3 en prestations intellectuelles, fournitures non courantes et services à forte incertitude sur la dispersion des offres.
En effet quand la dispersion des offres est faible il faut augmenter les écarts entre les notes pour qu’il y ait une discrimination, il est même possible d’imaginer une règle de fixation de n entre 2 et 8 selon la dispersion réelle des offres. Des simulations sur différents marchés précédents ont été réalisées.
De plus ces courbes présentent d’autres avantages :
-à un certain niveau de prix « serré » incitation de fait à augmenter la valeur technique plutôt que de continuer à baisser le prix car le gain de points est de plus en plus faible.
- quasi proportionnalité pour les prix voisins de la moyenne.
Nos lecteurs utiliseront leurs tableurs Excel pour visualiser les courbes correspondantes « anti logistiques ».
Un critère prix basé sur une estimation administrative
Vendredi 8 janvier 2010Le blog du Moniteur fait référence à l’attribution d’un marché du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (SYTRAL ) sur la base d’une estimation de prix du maître d’œuvre .
Davantage de détails sont donnés sur le site web www.lyoncapitale.fr en date du 20 décembre 2009.
D’après ce site WEB, il s’agissait de marchés annexes à la construction de la ligne de tramway T4, marchés de dérivation des réseaux.
La société C. attributaire a remporté les marchés de travaux d’assainissement pour 1 069 957 euros, alors que quatre autres concurrents proposaient la même prestation entre 499 000 et 817 000 euros. Et la société C., la même, a remporté les travaux de déviation d’eau potable pour 1 079 736 euros, quand cinq de ses confrères se positionnaient entre 449 000 euros et 590 000 euros.
La raison tient au choix du critère prix qui postulait que «La note maximale est la valeur à 90% de l’estimation de la maîtrise d’œuvre».
On voit bien la raison de ce critère prix : il est destiné à contrer des offres anormalement basses.
Toutefois cette pratique n’est pas conforme à la doctrine administrative ; dans une réponse du 23 août 2007 au sénateur Piras (JO Sénat du 23/08/2007) le ministère des finances rappelait que l’estimation administrative servait pour l’application des règles de seuil, donc de procédure et pour détecter les offre anormalement basses, mais pas pour le critère prix.
Nous avions dans ce blog (le 24/09/07) critiqué la réponse du ministère (s’y reporter). En particulier, nous pensons que l’estimation administrative pourrait servir à positionner a priori un prix maximum et un prix minimum, l’estimation elle même étant un prix moyen.
Ainsi, contrairement au SYTRAL, nous pensons que l’estimation administrative pourrait servir à positionner la note moyenne (10/20 par exemple), les prix inférieurs à l’estimation ayant des notes comprises entre 10 et 20, les prix supérieurs à l’estimation ayant des notes comprises entre 0 et 10.
Le SYTRAL l’utilise pour la note maximale (20/20) donnant ainsi la même note à des offres plus chères de X% que l’estimation et à des offres moins chères de X% de l’estimation. C’est ce qui justifie l’étonnement du site Web Lyon capitale.
Il reste deux principes :
- Si une offre est soupçonnée d’être anormalement basse, elle doit être éliminée avant la comparaison avec les autres offres en application de l’article 55 du CMP ; cette élimination doit être motivée.
- A l’issue de la comparaison des offres, une offre moins chère qu’une autre doit avoir une note prix supérieure à l’autre.
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