Archive pour la catégorie ‘Achats publics durables’

Un nouveau critère dans le code des marchés publics

Lundi 29 août 2011

Le décret n°2011-1000 du 25 août 11 qui modifie-à nouveau- le CMP introduit dans son article 18 un nouveau critère dans la liste de l’article 53 du CMP : il s’agit des

« performances en matière de développement des approvisionnements directs de produits de l’agriculture ».

La fiche explicative du 26 août 11 de la DAJ explique qu’il s’agit de « rapatrier » (sic) de la valeur ajoutée pour les agriculteurs en évitant les intermédiaires et en limitant le déplacement des produits et le recours aux plateformes de distribution.

Nous avions signalé dans ce blog, il y a presqu’un an, le 28 septembre 2010 que la loi de modernisation de l’agriculture (loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010) prévoyait un objectif pour les services de l’Etat qui était le suivant :

« L’Etat se donne pour objectif de recourir, pour l’approvisionnement de ses services de restauration collective, à des produits faisant l’objet de circuits courts de distribution, impliquant un exploitant agricole ou une organisation regroupant des exploitants agricoles.
Ces produits sont pris en compte au titre de l’objectif d’introduction des catégories suivantes à hauteur minimale de 15 % des commandes en 2010 et 20 % en 2012 : produits saisonniers, produits à faible impact environnemental eu égard à leurs conditions de production et de distribution, produits sous signe d’identification de la qualité et de l’origine ou produits issus d’exploitations engagées dans une démarche de certification environnementale. »

Nous signalions aussi que pour couper court au « localisme » le gouvernement au cours de la discussion de cette loi de modernisation agricole s’était engagé à modifier l’article 53 du code ; initialement il s’agissait d’introduire un « droit de préférence » au profit des exploitants agricoles de proximité comme il existe dans l’article 53-IV un droit de préférence au profit des SCOP ou des groupements de producteurs agricoles.

Toutefois, le droit de préférence étant en question à la Cour de justice de l’union européenne, le gouvernement a préféré introduire cette mesure au titre de l’article 53-I-1° qui énumère les critères admissibles, mais non obligatoires (hors le critère prix).
Il reviendra donc à chaque acheteur public de mettre en œuvre –ou non- ce nouveau critère.

S’il est mis en œuvre, il aura pour effet d’avantager les groupements de producteurs agricoles ou les producteurs agricoles qui se porteront candidats dans les appels d’offres d’alimentation ou de restauration collective ; le commentaire de la DAJ est éloquent à cet égard : éviter les intermédiaires, limiter le déplacement des produits et le recours aux plateformes de distribution.

Ceci renforce l’évolution du CMP comme instrument de choix autant politiques qu’économiques ; on observera toutefois que le code perd de sa neutralité vis-à-vis des formes de l’organisation de la production ; on pourra se demander si c’est bien compatible avec le principe d’égalité de traitement des candidats devant la commande publique qui est rappelé à l’article 1° du code et qui fait partie des grands principes validés par le Conseil constitutionnel.

Oui au bio dans ma cantine

Mercredi 6 juillet 2011

Sous ce titre s’est tenu le mercredi 29 juin dernier à l’Assemblée Nationale un colloque organisé par le World Wide Fund for Nature (WWF) qui réunissait notamment des élus locaux, des agronomes, des exploitants en Bio, des représentants de parents d’élèves.
Effectivement le sujet est d’actualité puisque les services de restauration collective dépendant de l’Etat doivent atteindre 20% de Bio en 2012 et que de nombreuses collectivités s’inspirent de cette démarche, ou l’ont précédée.
Cet objectif de 20% est ambitieux –et en moyenne ne sera sans doute pas réalisé- puisque les surfaces cultivées en Bio sont en moyenne de 3% sur le territoire national, certaines régions comme Rhône Alpes arrivant à 6%.
Inversement, si l’objectif est atteint -notamment dans les grandes villes-cela signifiera que les produits Bio seront importés pour la plus grande part.
Toutefois, certaines communes, comme Lons le Saunier dans le Jura, à la suite d’un effort datant du début des années 1990, arrivent à un pourcentage de 40% en Bio local.
(Petite digression : comment est calculé cet objectif de 20% ? un des participants au colloque faisait remarquer qu’il était facile d’avoir 2 composantes Bio sur les 5 composantes d’un repas en cantine : il suffit d’avoir du pain Bio et des laitages Bio ; dans cet exemple on pourrait même compter 40% en Bio avec 2 composantes sur 5 !)

Deux objectifs : manger Bio et manger Local
Les débats et la documentation du colloque ont montré que les participants poursuivaient en fait deux objectifs : manger Bio et manger local, ce qui est une contrainte supplémentaire.
Ceci implique une organisation de la production, un changement des façons de concevoir et préparer les repas et des modalités particulières de construction des marchés.
Nous revenons ci dessous sur ces divers points qui sont traités de façon très complète dans un guide pratique (de 194 pages !) de la préfecture de région Rhône Alpes intitulé « Favoriser une restauration collective de proximité et de qualité » qu’on trouve en ligne à l’adresse suivante :

http://draaf.rhone-alpes.agriculture.gouv.fr/article.php3?id_article=902

On trouvera également des indications et des références pertinentes et un petit guide sur le site de l’association Bio Consom’acteurs

http://www.bioconsomacteurs.org/page.php?page=blog&id=2988&type=solutions

Une organisation de la production et de la distribution à repenser
Les producteurs en Bio sont souvent de petites exploitations qui ne peuvent assurer un approvisionnement régulier de cantines importantes ; un effort de regroupement ou d’associations de producteurs est donc nécessaire pour arriver à une production suffisante.
Autre problème évoqué : celui de la distribution et du conditionnement des produits surtout si on veut manger local et frais ; dans certains documents est évoquée la constitution de « légumeries » où sont conditionnés puis distribués vers les cantines les légumes Bio, certaines de ces légumeries pouvant être des ateliers d’insertion ou des ESAT.

Un changement dans les façons de concevoir et de préparer les repas
Manger Bio et local implique de concevoir les repas en fonction des produits effectivement disponibles à la période de l’année considérée ce qui implique de revenir notamment vers les légumineuses telles que haricots, lentilles, fèves, pois chiches en hiver.
Pour contenir les coûts, le grammage de viande est souvent diminué mais les apports de protéines sont diversifiés et respectés avec les légumineuses et les céréales.
Certains produits n’impliquent pas en revanche de grands changements dans les habitudes alimentaires tels que le pain Bio et les yaourts ou fromages Bio.
Enfin, l’équipe de cuisine doit être informée des spécificités culinaires des produits Bio en terme de temps de cuisson et de « matière sèche » (les produits Bio contiennent souvent moins d’eau que les produits conventionnels).

Des modalités particulières de préparation des marchés publics
Ceci vise le cas de la restauration en régie ; la question à résoudre et autour de la laquelle tourne le document précité de la préfecture de région Rhône Alpes est : comment manger local alors que le CMP prohibe le critère local ? Diverses solutions sont proposées.
- Le recours à des petits marchés inférieurs à 4.000 euros HT ; cette solution est tout à fait pertinente quand elle s’adresse à de petits producteurs, à des besoins occasionnels, etc.…
- l’allotissement est recommandé pour créer des lots Bio par produits ; ceci ne suffit néanmoins pas à privilégier les producteurs locaux.
- des critères ou sous critères se rattachant plus ou moins au localisme peuvent être introduits comme :
- mode de transport et distance parcourue au cours du cycle de vie du produit
- capacité de livraison rapide
- qualité organoleptique et gustative (incontournable pour des marchés de denrées) ; sous critère supposé favorable aux exploitations Bio
- saisonnalité des produits (commander certains types de produits à certaines saisons seulement ; bannir par exemple les tomates et les aubergines en hiver)

Le guide de Rhône Alpes reproduit ainsi un règlement de consultation de 2008 de la ville de Dijon dont les critères de choix sont différents selon qu’il s’agit de produits Bio ou non :

« 23 – Hiérarchisation des critères d’attribution
B/ Pour les produits issus de l’agriculture biologique
1°/ Qualité techniques de l’échantillon (0,5)
2°/ Adéquation du produit par rapport aux critères environnementaux (bassin de production, transport de marchandises, distances parcourues par les marchandises…) (0,2)
3°/ Service proposé (délai de commande, conditions de livraison) (0,1)
4°/ Prix et engagement du fournisseur sur la variation des prix (0,2)
5°/ Mise en œuvre par l’entreprise d’une démarche qualité globale ou d’un système HACCP (0,1)
5°/ Proposition de denrées alimentaires sans OGM ou produites sans OGM (0,1)

Enfin, le guide de Rhône Alpes recommande l’utilisation de variantes avec l’argumentation suivante :

« Autoriser les variantes permet aux candidats de proposer des produits avec un plus de proximité, qualitatif et/ou environnemental, que le pouvoir adjudicateur ne connaît pas forcément ou pour lesquels il n’aurait pas pu formuler de manière précise des spécifications techniques.
Le pouvoir adjudicateur n’exprime alors que des exigences minimales en laissant le soin aux candidats potentiels de proposer des alternatives participant à une meilleure performance qualitative et/ou environnementale. »

Mentionnons enfin pour mémoire l’article 53-4 qui prévoit un droit de préférence pour les groupements de producteurs agricoles à équivalence d’offres ; on sait que cette disposition est à l’examen de la Cour de justice européenne/ MJ

Comment juger une offre de prestation intellectuelle ?

Mardi 17 mai 2011

Partons d’un fait concret ! Nous avons récemment répondu à une consultation d’un conseil général où il s’agissait d’accompagner des services dans l’introduction de clauses sociales dans certains marchés de cette collectivité.

Le cahier des charges était relativement précis sur ce qu’il fallait faire en termes qualitatifs mais donnait une fourchette assez large du nombre de marchés susceptibles d’être concernés par cette action (de 20 à 30).
Les critères de sélection des offres étaient classiquement la valeur technique et le coût.
La valeur technique était bien définie comme suit :
a. La compréhension de la demande
b. L’expertise de l’équipe mobilisée (expertise professionnelle, compétences du ou des intervenants en se basant sur les CV remis ou documents équivalents) ;
c. Les modalités d’accompagnement des services du conseil général pour réaliser la prestation demandée (méthodologie, outils proposés, échanges avec les directions opérationnelles, articulation proposée avec les différents partenaires, etc.).

Dans sa réponse au candidat malheureux (nous même ce qui explique d’ailleurs ce blog !) la collectivité explique que nous avions proposé 24 jours d’accompagnement – ce qui l’intéressait- mais que ce nombre d’heures était encore supérieur à ses attentes.
Le candidat retenu proposait seulement 13 jours et, malgré un coût journalier supérieur, présentait un coût total inférieur.
La différence du nombre de jours entre les deux offres est donc importante et la différence de « qualité de service » également en ce qui concerne la disponibilité du consultant pour accompagner les différentes directions.
Avec un critère « coût » ou « budget », le nombre de jours offert est noté uniquement négativement puisque le coût augmente quand le nombre de jours offerts augmente.
La qualité de service que représente une plus grande disponibilité des consultants n’est pas prise en compte.

Dans un cas tel que celui-ci on peut donc se demander, pour la transparence de la consultation et aussi son efficacité, si le pouvoir adjudicateur ne devrait pas compléter son analyse des besoins par le nombre de jours consultant dont il souhaite disposer.
Ceci pourrait se faire de deux façons alternatives :
1. Soit en fixant dans le cahier des charges le nombre de jours exact d’accompagnement dont il souhaite disposer ;
2. Soit en faisant intervenir un 3° critère qui serait précisément le nombre de jours mis à disposition par les candidats, critère représentatif de la « qualité de service ».

Dans le premier cas, le nombre de jours étant fixé, les critères de choix seraient la valeur technique et le prix unitaire de la journée consultant.
Le pouvoir adjudicateur serait assuré d’avoir exactement le nombre de jours d’accompagnement souhaité et ferait donc un arbitrage classique qualité / prix unitaire.

Dans le second cas, les trois critères seraient la valeur technique, le nombre de jours proposés et le budget de l’opération (nombre de jours x prix unitaire de la journée)
On pourrait admettre que la notation du nombre de jours serait une notation croissante avec le nombre de jours, le candidat offrant le nombre de jours le plus élevé ayant la note maximale. L’existence du critère « budget de l’opération » responsabiliserait les candidats car plus le nombre de jours proposés augmente, plus le budget augmente également.
Finalement, chaque candidat proposerait sa combinaison optimale nombre de jours / budget.

L’avantage de l’une et l’autre solution serait de valoriser comme « qualité de service » le nombre de jours offerts, alors qu’avec seulement le critère budget ou coût, le nombre de jours offerts est vu négativement puisqu’il contribue à augmenter les coûts.

Ceci permettrait également de lutter contre une tendance à la sous estimation des budgets pour remporter à tout prix les consultations ce qui se rapproche des pratiques d’offres anormalement basses.

Les dispositions à insérer pour les consultations sur les véhicules propres

Jeudi 12 mai 2011

La loi n° 2011-12 du 5 janvier 2011 transposant diverses dispositions européennes dispose dans son article 12 que les personnes, publiques ou privées, qui assurent la gestion ou l’exploitation d’un service public de transport de personnes doivent tenir compte des incidences énergétiques et environnementales sur toute sa durée de vie des véhicules à moteur qu’ils achètent pour assurer ce service public.

Deux textes sont venus récemment compléter ces dispositions.

- Le décret n° 2011-493 du 5 mai 2011 relatif à la prise en compte des incidences énergétiques et environnementales des véhicules à moteur dans les procédures de commande publique
- L’arrêté du 5 mai 2011 relatif aux modalités de prise en compte des incidences énergétiques et environnementales des véhicules à moteur dans les procédures de commande publique (NOR: DEVD1110810A)

(Une fiche du 9 mai 2011 est en ligne sur le site de la DAJ et commente ces textes)

L’obligation d’acheter des véhicules propres s’applique donc aux délégataires de service public de transport uniquement pour les véhicules affectés à ce service public.
Elle s’applique en revanche aux entités adjudicatrices et aux pouvoirs adjudicateurs pour tous les types de véhicule à moteur à l’exception des véhicules de chantier, des véhicules militaires et des « machines mobiles ».
Cette obligation ne concerne que les procédures formalisées en se référant au seuil des marchés de fournitures.

Dans le cadre de ce blog, il nous parait intéressant de souligner les dispositions suivantes qui s’appliquent aux entreprises privées délégataires mais également aux pouvoirs adjudicateurs et aux entités adjudicatrices avec des formulations adaptées.

« I. ― Il peut être satisfait à l’obligation mentionnée à l’article 1er par la fixation de spécifications techniques relatives aux performances énergétiques et environnementales du véhicule.

II. ― Il peut également être satisfait à la même obligation par l’utilisation de critères d’attribution liés aux incidences énergétiques et environnementales du véhicule sur toute sa durée de vie. Dans ce cas, ces incidences peuvent être traduites en valeur monétaire aux fins de leur prise en compte dans la décision d’achat. »

L’acheteur a ainsi le choix entre :

1. la fixation de spécifications techniques, dont le niveau d’exigence est laissé à son appréciation,
2. l’utilisation de critères d’attribution liés aux incidences énergétiques et environnementales du véhicule sur toute sa durée de vie et permettant de comparer les candidats.
Dans le cadre de cette seconde option, l’acheteur a le choix de prendre en compte ces incidences,
i. soit comme critères d’attribution à part entière,
ii. soit en les traduisant en valeur monétaire et en les intégrant au critère du prix.

On retrouve donc une méthodologie qui nous est familière :

- choix entre spécifications techniques ou critères d’attribution
- choix entre critères autonomes ou inclusion dans un critère de coût global par « monétarisation » des performances.

L’arrêté conjoint du 5 mai 2011 détermine les incidences énergétiques et environnementales liées à l’utilisation du véhicule à moteur qu’il convient de prendre en compte, comportant notamment la consommation d’énergie, les émissions de CO2 et celles de particules, de composés d’azote et d’oxygène (NOx) et de composés hydrocarbonés non méthaniques (HCNM), ainsi que la méthodologie à appliquer s’il est envisagé de traduire ces incidences en valeur monétaire.

En ce qui concerne cette méthodologie, trois formules sont proposées pour l’évaluation monétaire de la consommation d’énergie, de l’émission de CO² et de l’émission de particules qui se composent chacune de trois termes qui se multiplient :

- une quantité exprimée en unité physique de consommation d’énergie par km ou d’émission de CO² ou de polluants par km
- un coût en euro par unité physique des consommations d’énergie ou des émissions de CO² ou de polluants
- la durée de vie du véhicule, durée totale s’il est acquis neuf, durée résiduelle s’il es acquis d’occasion.

Les coûts indiqués dans l’arrêté sont les suivants :

COÛT DES ÉMISSIONS DANS LE TRANSPORT ROUTIER (PRIX 2007)

CO2 : 0,03-0,04 €/kg
NOx : 0,0044 €/g
HCNM : 0,001 €/g
Particules : 0,087 €/g

Il est précisé que l’acheteur peut appliquer un coût plus élevé, à condition que ce coût ne soit pas supérieur au double de la valeur figurant dans le tableau ci dessus ; dans tous les cas, le coût à appliquer est indiqué dans les documents de la consultation.

On a donc là un exemple intéressant de calcul de coût global, étant entendu que selon la valorisation du CO² et des autres polluants le coût environnemental peut varier assez fortement et plus précisément du simple au double.

1° rencontre du « club achats publics responsables » de l’Institut Léonard de Vinci

Mercredi 16 mars 2011

Cette première rencontre sous l’égide du MBA spécialisé « Ingénierie et Management des Achats » de l’Institut Léonard de Vinci s’est concentrée sur deux thèmes : le bon usage des clauses d’insertion sociale et les clés du recours aux marchés réservés, comme nous l’avions annoncé dans un blog précédent.

Le premier thème a été illustré par un exposé très complet de M. Alain BLUM chargé de mission développement économique, emploi et insertion à la Communauté Urbaine de Lyon (le Grand Lyon).
L’insertion des clauses sociales est pratiqué depuis 2004 dans le Grand Lyon et actuellement 20% des marchés de cette entité comportent une clause d’insertion, ce qui est considérable si on rapporte ce résultat à une moyenne nationale de 2% selon la DAJ.
Seuls les marchés les plus importants (supérieurs au seuil de 193.000 euros HT) sont susceptibles de comporter une clause d’insertion ; le choix des marchés devant comporter une telle clause se fait par une procédure interne de fiche d’initialisation.
La clause d’insertion est jusqu’à présent une condition d’exécution au sens de l’article 14 du CMP mais la communauté urbaine envisage de tester l’usage combiné de l’article 14 et de l’article 53.
Les marchés concernés sont surtout des marchés de travaux mais on trouve également des marchés de service comme la collecte des déchets ménagers et le nettoiement des berges du Rhône.
Les publics concernés sont de ce fait à 80% masculins ce qui fait problème ; aussi la communauté urbaine réfléchit-elle à des activités de service plus accessibles aux femmes comme les prestations de traiteur ou d’impression.
34% des bénéficiaires des clauses d’insertion sont des demandeurs d’emploi longue durée et 26% sont sans diplôme.
Les employeurs recourent principalement aux agences d’intérim d’insertion (61% des contrats) ; les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification qui concernent des employeurs du bâtiment, des TP et des espaces verts représentent 26% des heures travaillées ; les embauches directes ne concernent que 15% des contrats.
Depuis le 1° janvier 2005, 1765 personnes ont été employées grâce à de telles clauses et 748 sur la seule année 2010.

M. Farid BEN MALEK, responsable des partenariats et de la formation du réseau GESAT (groupement des établissements et services d’aide par le travail, www.reseau-gesat.com) a présenté les opportunités que présentait la commande publique pour les ESAT mais aussi les incompréhensions vis-à-vis de procédures ressenties comme compliquées ou inadaptées par les directeurs des établissements.
M.BEN MALEK a présenté les activités des ESAT qui concernent beaucoup d’activités de services (nettoyage, entretien des espaces verts, blanchisserie, restauration – traiteur, mise sous pli, couture, etc.).
Les commandes des administrations et collectivités aux ESAT présentent un profil déformé : l’entretien d’espaces verts représenterait 25% des commandes mais les fournitures de bureau et les produits d’entretien en représenteraient à eux deux 30%. Or la vente de fournitures n’apporte pas d’emplois aux ESAT et fait parfois l’objet de publicités mensongères.
Un « marketing achat » est sans doute nécessaire pour la plupart des acheteurs publics pour qu’ils comprennent bien l’offre des établissements qualitativement et quantitativement ; à ce sujet les divers participants ont souligné l’importance d’un allotissement judicieux dans les marchés de l’article 15 ou dans les lots dédiés à l’article 15.
Une réalisation récente qui fait la fierté du GESAT : le CNFPT a confié la restauration collective de son nouveau siège à une entreprise adaptée.

Prochaine réunion du club en septembre : gageons qu’elle sera aussi riche en enseignements que celle-ci. / MJ